• Le 20 mars 2018
    Lieu Unique - Nantes
  • Le 19 avril 2018
    Lieu Unique - Nantes
  • Entrée libre

Quelques semaines après le lancement des États Généraux de la bioéthique, 3 conférences animées par Guillaume Durand, maître de conférences en philosophie à l'Université de Nantes, sont organisées avec des médecins, des philosophes, des juristes. Ils aborderont ces nouvelles questions liées à l’évolution de la recherche scientifique et des pratiques médicales. Ces rendez-vous sont proposés par Le Lieu Unique et l'association EthicA, dans le prolongement des rencontres-débats menées depuis quelques années par ces deux partenaires autour des questions de bioéthique. Pour répondre à ces nouveaux enjeux, un Master d’éthique médicale a été créé à la rentrée 2017 par l’Université de Nantes.

De l’aide à la procréation à la sélection des enfants

Conférence de Jacques Testart
8 février 2018, 18h30, Lieu unique, Nantes


L’Assistance médicale à la procréation (AMP) est née de la volonté médicale d’aider les couples stériles à concevoir un enfant. Ses propositions techniques ont stimulé de nouvelles demandes par des individus normalement fertiles (Procréation médicalement assistée – PMA ; Gestation pour autrui – GPA), ou craignant la naissance d’un enfant handicapé (Diagnostic pré-implantatoire – DPI ; don de gamètes), et favorisé les évaluations sur la "qualité génétique" de l’embryon. Est-ce dans ce champ d’un eugénisme nouveau, consensuel et à vocation universelle que devrait désormais se développer l’AMP.
 


Peut-on prédire la qualité de vie ? Quelle approche éthique dans la notion de pronostic ?

Conférence de Sophie Crozier
20 mars 2018, 18h30, Lieu unique, Nantes


Le pronostic est une notion particulièrement complexe. Prédiction de l’évolution de la maladie, le pronostic est depuis l’antiquité un élément central de l’action médicale. Il guide en effet la décision et permet d’informer le patient et ses proches de l’avenir possible ou probable de la maladie. Si la prédiction d’un handicap futur est difficile, celle de la qualité de vie l’est encore plus car elle doit prendre en compte de multiples facteurs, qui dépassent largement le domaine des connaissances médicales. Or l’utilisation du pronostic pour d’importantes décisions comme celle d’arrêt de traitements chez des patients victimes de graves accidents vasculaires cérébraux posent d’importantes questions éthiques qui méritent d’être discutées. Peut-on et comment pourrait-on définir un handicap inacceptable qui amènerait à penser que la vie ne vaudrait plus la peine d’être vécue ? Comment prendre des décisions médicales dans un contexte d’incertitude importante ? Par essence incertain le pronostic amène à interroger au-delà de la pratique médicale en situation d’incertitude, notre souhait grandissant d’anticiper le futur pour mieux le maitriser.


Que se passe-t-il dans notre cerveau quand nous portons un jugement moral ?

Conférence de Bernard Baertschi
19 avril 2018, 18h30, Lieu unique, Nantes


Est-il moralement permis de causer un dommage dans le but de faire un plus grand bien ? Par exemple, de mettre la vie d’un individu en danger afin de sauver un plus grand nombre de personnes ? La réponse n’est pas aisée à donner et les êtres humains en discutent depuis l’Antiquité, comme en témoignent les débats philosophiques. Récemment, des neuroscientifiques ont repris la question et ont utilisé l’imagerie cérébrale pour voir ce qui se passe dans notre cerveau lorsque nous sommes confrontés à ce type de dilemme. Les résultats sont surprenants et suscitent même un "ahurissement moral" chez les personnes qui se soumettent à l’expérience, pour reprendre une expression du neuropsychologue Jonathan Haidt.

Les recherches liées à cette question et, plus généralement, celles qui scrutent ce qui se passe en nous lorsque nous portons un jugement moral ou prenons une décision, ont un grand impact sur la compréhension de notre comportement moral. Il semblerait notamment que, contrairement à ce qu’on a généralement cru, notre psychologie morale n’est pas unifiée et que nous utilisons différents "modules" en fonction des situations, qui nous tiraillent parfois dans des directions contradictoires.